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La SEC a fait marche arrière. Et maintenant ?

18 juin 2026
Par le CST
Incertitude climatique de la SEC

L'incertitude liée à la politique climatique de la SEC pose un dilemme difficile aux entreprises américaines : doivent-elles ralentir leurs efforts ou continuer à se préparer ? Certains dirigeants pourraient considérer ce dernier revirement du gouvernement fédéral comme une raison de marquer une pause. Or, ce choix peut engendrer de nouveaux risques.

Les données climatiques restent importantes. Les investisseurs, les clients, les prêteurs, les conseils d’administration et les partenaires de la chaîne d’approvisionnement continuent d’exiger des preuves. Les réglementations au niveau des États continuent également d’évoluer. La véritable leçon à en tirer est donc claire : les entreprises ne peuvent pas attendre que le cadre réglementaire soit parfaitement clarifié avant de se doter des compétences nécessaires en matière de reporting de développement durable.

Pourquoi l'incertitude climatique de la SEC est-elle importante ?

Le 29 mai 2026, la Commission américaine des opérations boursières (SEC) a annoncé une proposition visant à abroger ses règles de 2024 relatives à la publication d'informations liées au climat. La proposition vise principalement à supprimer les dispositions qui auraient imposé la mention de certaines informations liées au climat dans les déclarations d'enregistrement et les rapports annuels.

Le Avis publié au Journal officiel fédéral a été publié le 3 juin 2026. Il précise que la date limite pour soumettre des commentaires est fixée au 3 août 2026. Par conséquent, la situation au niveau fédéral reste en suspens et n'est pas encore tranchée.

Cela concerne les équipes chargées du développement durable, des finances, des affaires juridiques, des achats et de la gestion des risques. De nombreuses entreprises avaient déjà commencé à examiner leurs données sur les émissions, leurs processus de gouvernance, leurs contrôles internes et la formulation de leurs risques liés au climat. Aujourd’hui, certaines pourraient se demander si ce travail a encore un sens.

C'est vrai. L'incertitude climatique liée à la SEC ne supprime pas la pression exercée sur les entreprises. Elle modifie simplement la source de cette pression.

Le retrait du gouvernement fédéral n'est pas un passe-droit

Un désengagement du gouvernement fédéral peut alléger une source de pression en matière de reporting. Cependant, cela peut également accroître la fragmentation du paysage réglementaire. Les entreprises pourraient devoir tenir compte simultanément des réglementations régionales, des demandes des clients, des attentes des investisseurs et des cadres réglementaires internationaux.

La Californie en est l'exemple le plus frappant. La Conseil californien des ressources en air précise que le programme californien de déclaration des gaz à effet de serre des entreprises (California Corporate Greenhouse Gas Reporting Program), autorisé par la loi SB 253, s'applique aux entités commerciales américaines dont le chiffre d'affaires annuel total est supérieur à $1 milliard et qui exercent leurs activités en Californie. Ces entreprises sont tenues de déclarer leurs émissions de gaz à effet de serre de scope 1, scope 2 et scope 3 pour l'exercice fiscal précédent.

Cette réglementation a des implications au-delà de la Californie. Un fournisseur situé dans l'Ohio, au Texas ou en Géorgie n'est peut-être pas tenu de rendre compte directement dans le cadre d'une réglementation fédérale sur le climat. Il peut toutefois vendre ses produits à un client plus important qui est tenu de collecter des données sur les émissions. Ce client peut alors demander des données relatives aux services publics, aux carburants et à la logistique, ainsi que des questionnaires destinés aux fournisseurs ou des plans de réduction.

Les normes internationales ont également une incidence sur les entreprises américaines. IFRS S2 – Informations à fournir relatives au climat s'applique aux exercices annuels ouverts à compter du 1er janvier 2024, sous réserve de son adoption. Même lorsqu'une société américaine ne présente pas ses comptes selon la norme IFRS S2, ses investisseurs ou ses clients internationaux peuvent utiliser une terminologie et avoir des attentes similaires.

Les déclarations spontanées se poursuivent également. Le Cycle de publication du CDP 2026 est en cours, et le CDP affirme que la publication d'informations environnementales aide les organisations à mettre en lumière des données, à répondre à la demande du marché et à renforcer leur résilience.

La question n'est donc pas de savoir si les entreprises doivent se préparer. Il faut plutôt se demander dans quelle mesure elles sont préparées.

Une matrice d'état de préparation pour les équipes américaines

Pour faire face à l'incertitude liée au climat sur le marché boursier américain (SEC), les entreprises devraient distinguer quatre types de pressions.

  • Pression fédérale : suivez le déroulement de la procédure de la SEC, la période de consultation et toute décision finale.
  • Pression exercée par les États : examiner les implications du projet de loi californien SB 253 ainsi que les autres exigences en matière de climat ou d'énergie propre au niveau des États.
  • Pression exercée par les clients : identifier les principaux clients qui demandent des données relatives aux émissions, aux fournisseurs ou au développement durable.
  • Pressions du marché : suivre les attentes des investisseurs, des prêteurs, des assureurs et des acheteurs.

Ce tableau simple aide les équipes à éviter toute confusion. Il montre également pourquoi un seul projet fédéral ne peut à lui seul définir l'ensemble de la stratégie de reporting.

À quoi ressemble une meilleure préparation ?

Une bonne préparation commence par la définition des responsables des données. Chaque source de données sur les émissions doit avoir un responsable clairement identifié. Par exemple, les sites peuvent être responsables des données relatives à l’électricité et au gaz naturel. Les équipes chargées du parc automobile peuvent être responsables des données sur les carburants. Le service des achats peut gérer les informations relatives aux fournisseurs. Le service financier peut assurer le suivi et la validation.

Ensuite, les équipes ont besoin d'éléments probants. Un dossier de données crédible peut inclure des factures de services publics, des relevés de compteurs, des registres de consommation de carburant, des enquêtes auprès des fournisseurs, des facteurs d'émission, des méthodes de calcul et l'historique des versions. C'est important, car les allégations en matière de développement durable doivent être étayées.

Les entreprises devraient également mettre en place des contrôles de vérification. Un responsable peut valider les données mensuelles ou trimestrielles. Le service financier ou l'audit interne peut effectuer des contrôles de plausibilité. Le service juridique peut examiner les déclarations publiques. Le service des achats peut consigner les suivis effectués auprès des fournisseurs. Ces mesures permettent de réduire les erreurs et de rendre les rapports plus faciles à justifier.

Enfin, les entreprises doivent consigner leurs hypothèses. Lorsque les données sont estimées, la méthode utilisée doit être clairement indiquée. Lorsque les facteurs d'émission changent, cette modification doit être consignée. Lorsque des données fournies par les fournisseurs font défaut, cette lacune doit être signalée.

Ces mesures peuvent sembler techniques. Pourtant, elles inspirent confiance. Elles aident également les entreprises à réagir plus rapidement lorsqu'un client, un membre du conseil d'administration, un prêteur ou une autorité de régulation leur demande des justificatifs.

Un exemple concret

Imaginons un fabricant de taille moyenne qui vend des composants à un distributeur national. Il se peut que ce fabricant ne sache pas si la réglementation fédérale définitive en matière de climat s'appliquera. Toutefois, le distributeur pourrait tout de même lui demander des données relatives aux scopes 1 et 2, à sa consommation d'énergie, à ses politiques vis-à-vis des fournisseurs et à ses plans de réduction.

Si le fabricant dispose d'un personnel formé, la réponse est plus aisée. L'équipe peut retrouver les données, expliquer la méthode, identifier les lacunes et élaborer un plan d'amélioration. Si l'entreprise attend, cette même demande devient urgente et coûteuse.

C'est pourquoi la préparation revêt une valeur commerciale. Elle soutient les ventes, les achats, la gestion des risques et la confiance des parties prenantes.

La clarté juridique nécessite toujours l'avis d'un expert

Cet article fournit des informations générales à caractère pédagogique. Il ne constitue en aucun cas un conseil juridique, comptable ou en matière de conformité. Les entreprises sont invitées à consulter des professionnels qualifiés dans les domaines juridique et de la conformité avant de prendre des décisions concernant leurs obligations d'information.

Cependant, les professionnels du développement durable doivent encore acquérir suffisamment de connaissances pour poser de meilleures questions. Ils doivent comprendre la différence entre les règles fédérales en matière de divulgation, les programmes de reporting au niveau des États, la divulgation volontaire et les demandes de données émanant des clients.

L'incertitude liée au climat qui règne au sein de la SEC renforce la nécessité de disposer de compétences transversales. Un professionnel du développement durable n'a pas besoin d'agir en tant qu'avocat. Il doit toutefois savoir quand un examen juridique s'impose, quelles preuves viennent étayer une affirmation et en quoi le reporting s'inscrit dans la stratégie d'entreprise.

Pourquoi la formation est-elle si importante aujourd'hui ?

Les équipes les plus performantes se dotent des moyens nécessaires avant que les échéances ne deviennent pressantes. Elles n'attendent pas qu'une dernière consigne leur soit donnée pour organiser leurs données, évaluer les risques ou améliorer la communication.

Le Programme des praticiens certifiés en développement durable des États-Unis, édition avancée 2026 s'adresse aux professionnels qui ont besoin de connaissances pratiques dans ce contexte en pleine évolution. Le programme comprend des sessions en direct, des modules de formation guidés, des exercices pratiques et des thèmes d'actualité liés au développement durable destinés aux professionnels américains.

L'ordre du jour aborde directement les incertitudes actuelles. Les participants se penchent sur la stratégie de développement durable, la législation américaine et internationale, les émissions de GES, les rapports climatiques en Californie, la matérialité, la communication responsable, la durabilité de la chaîne d'approvisionnement, la gestion du carbone, le Scope 3, la neutralité carbone et les tendances futures.

C'est important, car le reporting en matière de développement durable n'est pas seulement une obligation réglementaire. C'est un atout pour l'entreprise.

FAQ

Qu'est-ce que l'incertitude climatique selon la SEC ?

L'« incertitude climatique » au sein de la SEC fait référence à l'évolution du cadre fédéral en matière de publication d'informations sur le climat, suite à la proposition de la SEC d'abroger ses règles de 2024 relatives à la publication d'informations liées au climat.

Les entreprises devraient-elles cesser de se préparer à établir des rapports sur le climat ?

Non. Les entreprises restent soumises aux réglementations nationales, aux demandes des clients, aux attentes des investisseurs, aux contraintes liées à la chaîne d'approvisionnement et aux cadres réglementaires internationaux en matière de publication d'informations.

Quelles mesures de contrôle des données les entreprises doivent-elles mettre en place ?

Les entreprises doivent désigner des responsables des données, conserver les documents sources, consigner les méthodes de calcul, vérifier les hypothèses, assurer le suivi des réponses des fournisseurs et mettre en place un processus de validation clair.

Pourquoi la formation est-elle importante en période d'incertitude réglementaire ?

La formation aide les professionnels à comprendre l'évolution de la réglementation, à organiser les données relatives aux émissions, à gérer les contrôles internes, à réduire les risques liés au reporting et à prendre de meilleures décisions stratégiques.

Dernier point à retenir

La SEC a fait marche arrière, mais le marché n'a pas cessé de poser des questions. Les entreprises ont toujours besoin de données climatiques fiables, d'une répartition claire des responsabilités en interne, de systèmes de reporting concrets et de professionnels qualifiés capables de gérer l'incertitude.

L'incertitude de la SEC concernant le climat peut donner l'impression d'un retard. En réalité, il s'agit d'un test de préparation. Les organisations qui développent leurs compétences dès maintenant agiront plus rapidement lorsque la réglementation, les clients, les investisseurs ou les conseils d'administration exigeront des preuves plus solides.

Pour les professionnels américains, la prochaine étape n’est pas d’attendre. La prochaine étape consiste à se doter des capacités nécessaires pour diriger dans un contexte d’incertitude.

 

 

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